Diagnostic de l'infection - Identification du germe

   Le diagnostic d’infection est parfois évident devant un écoulement purulent ou un aspect très inflammatoire ou inquiétant de la plaie ou encore devant une douleur évoluant depuis de nombreux jours dans un contexte de fièvre voire d’altération de l’état général (fièvre, fatigue, perte d'appétit voire amaigrissement). Dans ce cas, il n’est pas rare qu’il ait été déjà réalisé une prise de sang qui retrouve des signes en faveur de ce diagnostic. Cependant, le diagnostic n’est pas toujours aisé et il s’agit alors plutôt d’un ensemble de petits signes (douleur qui perdure au niveau de l’articulation opérée, cicatrice ayant un peu coulé après l’intervention mais qui a fini par cicatriser, petite fièvre le matin ou au contraire le soir…) avec des résultats sur la prise de sang presque normaux. C’est dans ces cas difficiles que l’avis d’un spécialiste ou mieux, d’une évaluation en consultation multi-disciplinaire est nécessaire. Cela permettra de programmer les examens d’imagerie et de proposer la réalisation de prélèvements.

 

    En effet, c’est l’identification du germe qui permettra de confirmer l’infection. Cela est parfois difficile, notamment en cas de traitement antibiotique mis en place de manière prématurée et empirique. Il pourra alors être nécessaire de réaliser des prélèvements plusieurs jours voire 2 à 3 semaines à distance de toute prise d’antibiotique. Les résultats des prélèvements « superficiels » réalisés sur un écouvillon (sorte de coton-tige) sont peu informatifs. On retrouve souvent sur ce type de prélèvement des germes de la peau, ce qui peut inquiéter ou au contraire faussement rassurer le patient et son médecin. Il est donc fortement recommandé que ces prélèvements soient des prélèvements « profonds » dans l’articulation ou au contact des os ou du matériel présumés infectés. Ces prélèvements sont réalisés dans des conditions d’asepsie strictes, par un médecin entraîné ou au bloc opératoire, et en plusieurs exemplaires (au moins 5) pour documenter du mieux possible l’infection. Ces prélèvements sont acheminés rapidement au laboratoire où le microbiologiste les analysera avec tous les moyens dont il dispose. Il devra répondre à 3 questions : 1) y-a-t-il ou non une infection? 2) quel(s) est (sont) le(s) germe(s) en cause ? et 3) quels sont les antibiotiques les plus efficaces in vitro sur les germes isolés ?

 

    L’identification du germe responsable de l’infection est primordiale. C’est la base de tout le traitement. Il faut donc éviter tout traitement antibiotique "à l'aveugle" sans identification au préalable. En fonction du type de germe et s'il a été mis en place un traitement antibiotique auparavant, l’identification peut être très rapide (en 24-48h) mais aussi très longue (jusqu’à 3 semaines…). Parfois aucun germe n’est identifié ; et malgré cela, il n’est pas évident de pouvoir éliminer de manière formelle une infection si les signes cliniques sont suspects.

 

   Parallèlement au diagnostic microbiologique, les examens d’imagerie renseigneront sur l’état de l’os et/ou de l’articulation, l’existence ou non d’un descellement de la prothèse, d’un démontage du matériel mis en place, d’un défaut ou non de consolidation d’une fracture… Ces signes constituent également des signes indirects d’infection.

 

Sources: Tirésias Volume 2 "Diagnostic de l'infection sur prothèse articulaire" Novembre 2002 (Association Tirésias (loi 1901) 56, rue Boissonnade 75014 Paris France)

Date de la dernière mise à jour: 03 Juin 2015